La création d’entreprise dans le bâtiment / BTP

 

Malgré les aléas du marché, le bâtiment reste un secteur innovant et porteur d’emplois en France. Et nombreux sont les artisans souhaitant créer leur propre entreprise en BTP. En amont de la création de sa structure, un certain nombre de spécificités nécessitent d’être appréhendées sérieusement. Faisons le point !

 

Suis-je apte à créer mon entreprise dans le bâtiment ?

 

Si cette question peut paraître vaine, elle désigne pourtant la première étape de votre réflexion. Créer son entreprise ne consiste pas à seulement traiter quelques formalités administratives. Non, c’est aussi disposer d’une bonne fibre entrepreneuriale et de sérieuses qualifications professionnelles.

 

En effet, pour être légitime sur le marché, il est nécessaire d’acquérir un diplôme homologué. Il peut s’agir d’un CAP, d’un BEP ou de tout autre diplôme de niveau supérieur. A l’instar des autres secteurs, le bâtiment implique une réglementation précise. Avant de créer votre entreprise, il est obligatoire de justifier un diplôme pour le métier convoité. Toutefois, quelques professions spécifiques n’imposent aucun diplôme, dès lors qu’une expérience d’au moins trois ans est confirmée.

 

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Outre ces qualifications, créer son entreprise réclame une grande minutie organisationnelle. En effet, l’entrepreneur doit être en mesure de suivre facilement ses budgets ainsi que sa trésorerie. Pour pérenniser son entreprise il devra chiffrer ses travaux tout en restant rentable. En outre, l’artisan devra rester rationnel quant aux prix de la concurrence.

 

Il est ainsi plutôt recommandé d’avoir une expérience concrète du bâtiment avant de créer son entreprise. Êtes-vous suffisamment apte de gérer seul un chantier, la relation client, l’administratif ou le budget ? Personne d’autre que vous-même peut répondre à cette question.

 

 

Quel statut juridique adopter pour ma création d’entreprise ?

 

Ça y est, vous êtes prêt à vous lancer dans l’aventure de l’entreprenariat ! Désormais, c’est le choix de la forme juridique qui rentre en jeu. Il est important de bien considérer ce point tant il aura des répercussions sur la teneur de votre activité. Que l’on préfère être seul navigateur à bord ou bien d’être accompagné, le choix du statut juridique variera.

 

La micro-entreprise est régulièrement choisie par les artisans, tant elle est simple et rapide à créer. Cette forme juridique permet de débuter son activité sans trop de risques, et de la tester à court terme. Ce statut est vite limité, en partie à cause du plafond de chiffre d’affaires relativement bas. Les entreprises les plus ambitieuses devrons alors changer de statut.

 

C’est pourquoi la SASU ou l’EURL sont de meilleures options pour un projet professionnel en solitaire. En effet, leur responsabilité limitée consent à réduire le risque financier de l’artisan. Pourquoi ? Tout simplement car ce dernier disposera de patrimoines professionnels et personnels bien distincts. Cette séparation nette des patrimoines est essentielle dans le bâtiment au vu des montants en jeux.

 

Si vous souhaitez créer votre entreprise à plusieurs, la SARL ou la SAS sont envisageables. La SARL est régulièrement choisie par les professionnels du BTP. Ce type de structure se gère au minimum par deux associés, chacun responsable de ses apports. En cas de problèmes financiers majeurs, c’est le gérant de l’entreprise qui portera la casquette de responsable devant la justice.

La SAS elle, limite les responsabilités de chaque associé au montant de son apport. Cette forme juridique se veut plus flexible et exige moins de formalités. A la différence de la SARL et en cas d’une cession de parts, aucun commissaire aux comptes n’est exigé en-dessous d’un montant précis. Les artisans disposant d’une SAS pourront ainsi gérer leur entreprise comme ils l’entendent.

 

A vous de faire peser dans la balance les points vous semblant les plus importants en termes de gestion. Prenez le temps de bien réfléchir à cette question ! Un mauvais choix pourrait être un poids quotidien pour votre entreprise en bâtiment.

 

Les assurances à prévoir à la création de l’entreprise dans le BTP

 

Ce n’est pas un secret, le secteur du bâtiment présente un grand lot de risques humains et matériels. Il est ainsi impératif de souscrire à plusieurs assurances pour bien vous protéger.

 

La première assurance à signer est nommée « assurance décennale ». Obligatoire, cette assurance prend en charge tous les dommages pouvant compromettre votre entreprise. Puisque vous êtes le seul responsable de votre structure, il s’agit de l’unique moyen de vous couvrir à 100%. Cette assurance est valable pendant dix ans.

 

Autre assurance obligatoire : l’assurance de responsabilité civile professionnelle. Celle-ci doit être souscrite pour vous couvrir en cas de dommages causés à un tiers. Cette assurance réclame une adhésion avant le début d’un chantier avec un client.

 

En amont de la création de son entreprise, il est bien vu de se renseigner de sa responsabilité en qualité de gérant. Selon la nature de votre profession et le matériel utilisé, d’autres assurances peuvent compléter le tableau. S’assurer convenablement est important afin de pouvoir travailler sereinement.

 


Les formalités obligatoires à envisager

 

Créer son entreprise en bâtiment nécessite le respect d’un éventail de contraintes légales. Outre les formalités relatives au statut juridique adopté, d’autres sont à considérer. Vous devez par exemple réaliser un stage SPI, soit un stage préalable d’installation. Ce stage se déroule pendant 4 ou 5 jours et doit s’opérer avant votre enregistrement auprès du Registre des Métiers. Il consiste en un renforcement de vos compétences et coûte en moyenne entre 75€ et 260€.

 

Quelle que soit votre forme juridique, il vous faudra immatriculer votre entreprise auprès du Centre de Formalités des Entreprises. Cet enregistrement exige un dossier complet avec des pièces justificatives spécifiques. Nous vous conseillons de vous informer sur les éventuelles aides dont vous avez droit.

 

En tant que professionnel du bâtiment, vous êtes dans l’obligation de cotiser auprès de l’OPPBTP et de l’APAS-BTP. Ces contributions sont calculées en fonction de vos revenus bruts.

 

 

Le secteur du bâtiment réclame donc un grand sérieux en termes de création d’entreprise. Ne vous lancez jamais sans réfléchir dans l’aventure si vous n’êtes pas totalement prêt. Il peut être opportun de se faire accompagner par un professionnel coutumier de ces métiers. En effet, celui-ci pourra vous partager son expérience afin de suivre les règles applicables au bâtiment.